Au cours des prochains mois, les élus du Val-Saint-François devront prendre d’importantes décisions quant à l’avenir du transport collectif et adapté. Récemment, ils se sont montrés majoritairement favorables à une première étape : un possible regroupement entre Trans-Appel et le Service de transport des Sources. En parallèle, les discussions se poursuivent concernant les orientations futures à adopter en matière de transport.
Depuis deux ans, le directeur général de Trans-Appel, Denis Verreault, planche sur un plan de développement des transports collectif et adapté pour le Val-Saint-François et des Sources. Pour ce faire, son organisme a pu compter sur le soutien de la firme Vecteur 5, spécialisée dans la gestion du transport collectif.
Pendant le mois de mars, Denis Verreault s’est promené un peu partout dans le Val pour rencontrer les élus afin de leur présenter l’état de la situation et les perspectives d’avenir. Quinze des dix-huit municipalités que compte le Val-Saint-François y ont participé.
«En général, je parle directement aux maires. Je trouvais important de rencontrer aussi les conseillers municipaux. Ces rencontres leur ont permis de me poser des questions sur le transport, les finances, les coûts et les développements qui s’en viennent. C’est important qu’ils aient le plus d’information pour pouvoir ensuite prendre les meilleures décisions possibles pour ce qui s’en vient», expose-t-il.

De nouveaux trajets dans le Val
Parmi les projets de développement présentés aux élus, on trouve l’idée d’ajouter de nouvelles lignes de transport qui relieraient à Sherbrooke les principaux pôles du Val-Saint-François, soit Richmond, Windsor et Valcourt.
De même, on y a présenté la possibilité que des autobus parcourent les petites municipalités pour aller chercher, porte à porte, les usagers qui habitent dans les villages. Pour les amener vers une des municipalités se trouvant dans un circuit vers Sherbrooke.
Des points de vue différents
La mairesse d’Ulverton, Lynda Tétreault, voit d’un bon oeil les avenues présentées.
«C’était très bien expliqué, clair et cohérent. Denis Verreault a fait un excellent travail. Il sait où il s’en va et j’ai confiance. Ce qu’il présente est très intéressant comme modèle de transport», tient-elle à souligner.

Bien que la majorité des élus aient accueilli positivement ces propositions, certains font entendre d’autres points de vue.
«Nous avons posé plusieurs questions et nous sommes restés sur notre appétit », fait savoir Jacques David, maire de Bonsecours. Il va même jusqu’à dire : «Nous voulons d’autres options que celles qui ont été présentées. Les propositions de Trans-Appel ne nous intéressent pas. Ça ne nous dérange pas de continuer avec Trans-Appel, mais il y a des choses qu’il faut corriger.»
Parmi les alternatives qu’il souhaiterait, Jacques David mentionne un circuit d’autobus qui relierait Lawrenceville, Sainte-Anne-de-la-Rochelle, Bonsecours et Sherbrooke, par la route 220.

Utiliser le CAB pour le transport?
Ces propos du maire de Bonsecours reflète la position de son conseil municipal. En décembre dernier, celui-ci a adopté une résolution à l’effet que Bonsecours ne paie pas sa contribution annuelle pour le transport adapté en 2025.

Jacques David souhaite trouver des alternatives. Comme la possibilité d’utiliser les services du Centre d’action bénévole (CAB) de Valcourt et région pour offrir du transport collectif, voire même du transport adapté dans la région.
Actuellement, le CAB offre un service appelé «Accompagnement-transport». Qui permet à des personnes ayant besoin d’un accompagnement de se rendre à leurs rendez-vous médicaux.
La directrice générale du CAB, Claudia Belzile, confirme qu’on l’a sollicité.
«J’ai rencontré les sept maires de la région de Valcourt pour parler avec eux de l’enjeu du transport. Ce que j’ai mentionné aux élus, c’est qu’au niveau du transport adapté, ce serait difficile pour nous. Légalement, nous sommes assez limités dans ce que nous pouvons offrir. Nous n’avons pas de bénévoles qui sont formés pour le transfert de personnes en fauteuil roulant ou autres. Et nous n’avons pas de véhicules adaptés non plus. De même, il ne serait pas possible pour nous de faire du transport scolaire pour amener des étudiants au cégep ou à l’université.»
Le préfet de la MRC du Val-Saint-François et maire de Valcourt, Pierre Tétrault, questionne quant à lui cette approche. Rappelant que les personnes offrant de leur temps au CAB sont toutes des bénévoles. Et que leur rôle n’est pas de se substituer à un service déjà offert par du personnel professionnel.

Claudia Belzile se dit ouverte à collaborer avec les municipalités, mais pour des projets complémentaires. Comme par exemple la mise sur pied d’un réseau de covoiturage.

Sainte-Anne-de-la-Rochelle remet en question le transport collectif
Contrairement à son collègue de Bonsecours, Louis Coutu, maire de Sainte-Anne-de-la-Rochelle, est d’accord, en partie, avec certaines propositions. Il se dit bien au courant du dossier puisqu’il siège sur le comité du transport de la MRC. Le magistrat doit toutefois faire face à une vive opposition au sein de son conseil.
«À Sainte-Anne-de-la-Rochelle, le conseil ne veut pas de transport collectif. Je suis un peu déchiré là-dedans. Mais ce n’est pas la première fois que le conseil décide quelque chose avec lequel je ne suis pas d’accord.»

Des services à améliorer
La plupart des élus questionnés par le Val-Ouest ont souligné le fait qu’actuellement, les horaires et la durée des transports par autobus correspondent mal aux besoins. «Une personne qui a rendez-vous au CHUS à 10 h le matin ne sera pas revenue chez elle avant 17 h ou 18 h. Ça mobilise toute la journée pour un rendez-vous qui va durer une demi-heure», illustre Amélie Tremblay, mairesse de Kingsbury.

Denis Verreault concède que le service de transport collectif, tel qu’il est offert actuellement dans le Val, nécessite un sérieux coup de barre.
«Nous avons fait un sondage l’automne dernier. Les gens nous disaient que les horaires sont inadéquats, qu’il n’y a pas d’arrêt d’autobus près de chez eux ou que les destinations ne vont pas où ils veulent aller. Ça démontre que le service que nous offrons présentement n’est pas adéquat pour eux. Ce sondage nous offre des outils quant aux pistes de développement.»
Cette nouvelle vision de développement qu’il propose actuellement aux élus vise justement à améliorer les choses. «Le besoin est là. Il faut juste offrir le service. Et on va voir que les gens vont être au rendez-vous. Toutes les autres régions du Québec où un service adéquat a été mis en place pour la population, ç’a été un succès.»
«Tout est sur la table»
Il ajoute vouloir transmettre aux élus sa passion et sa détermination à mettre en œuvre ces avenues.
«J’ai présenté aux élus une vision de ce à quoi pourrait ressembler le transport. Mais il n’y a rien d’arrêté. Tout est sur la table. Ce sont des propositions qui vont continuer d’évoluer. Nous allons être agiles et flexibles. Pour le moment, la première étape est la décision que prennent les élus quant à une ouverture à des pourparlers entre les organismes de transport du Val-Saint-François et des Sources. Pour mettre ensemble les ressources et voir où ça peut nous mener. »
Denis Verreault marque clairement qu’il ne s’immiscera pas dans les débats politiques autour de ce plan de développement. «Je suis là pour expliquer aux élus la situation et leur ouvrir des possibilités. Afin qu’ils prennent des décisions éclairées pour leurs concitoyens. Après, ils feront des choix. Je n’ai pas de jugement à porter sur les décisions qu’ils prendront.»
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DOSSIER SPÉCIAL : série de 3 articles
Transport collectif : fusion envisagée entre les MRC des Sources et du Val-Saint-François (1 de 3)
Transport collectif dans le Val : une vision du futur sous la loupe des élus (2 de 3)
Développement du transport dans le Val : d’où viendra l’argent? (3 de 3)
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