Il y a une certaine effervescence dans l’air cet été du côté de la politique municipale à Richmond. Le Richmondais Benoit Saint-Pierre fait connaître son intérêt pour se présenter comme conseiller municipal aux élections de novembre prochain.
«Ce que j’ai compris, c’est que plusieurs conseillers partaient et ne revenaient pas. Ainsi que le maire», partage-t-il.
De fait, parmi les membres du conseil actuel, outre Kevin Stoddard, qui se présente à la mairie, deux autres conseillers ont fait connaître leur intention de se présenter à nouveau aux élections : Katherine Dubois et Clifford Lancaster. Les autres conseillers et le maire vont quitter à la fin de leur mandat.
«Aussi bien taper sur le même clou!»
Benoit Saint-Pierre était l’un des six candidats qui s’était présenté à l’élection partielle de septembre 2024. Qui avait suscité un rare intérêt pour un tel scrutin.
La Ville avait dû tenir à la suite du décès du conseiller André Bussière, en mai. C’est finalement Kevin Stoddard qui l’avait remporté avec 50,7 % des voix, suivi de Benoit Saint-Pierre avec 35 % des voix.
Comment explique-t-il cet engouement pour la politique municipale à Richmond lors de l’élection partielle de 2024? «C’est un concours de circonstances. Il y avait toujours eu des élections sans opposition. Et là, tout le monde est arrivé en même temps. Nous avons chacun présenté notre candidature, sans précampagne électorale. Et nous avons découvert, à l’ouverture du scrutin, qu’il y avait six candidats!»
Benoit Saint-Pierre confirme qu’il souhaite à nouveau se présenter pour le district 5. «Je me suis dit : aussi bien taper sur le même clou!», lance-t-il avec humour.
Le candidat dit être au courant qu’un autre citoyen, Paul Massé, se présente lui aussi comme conseiller municipal. Il connait aussi les intentions de Kevin Stoddard pour briguer la mairie.
«On n’est pas obligé d’habiter un secteur pour s’y présenter. Des fois, c’est plus simple si les candidats se répartissent», croit-il. Sans savoir encore s’il y aura ou non de chaudes luttes pour chacun des districts et à la mairie.
Le goût «d’aller un peu plus loin»
Pourquoi souhaite-t-il se présenter aux élections?
«J’ai toujours été impliqué à Richmond. Je suis président du conseil d’administration du Couvent Mont-Saint-Patrice. J’ai le goût d’offrir de mon temps pour aller un peu plus loin.»
Pour cet ingénieur à la retraite de Montréal, qui s’est installé dans la région il y a une quinzaine d’années, l’implication citoyenne dans sa communauté d’adoption est importante.
«Chez moi, je m’occupe de ma forêt. En faisant du sirop d’érable, du bois de construction et du bois de chauffage. Mais ça me prend aussi un élément qui est en relation avec la communauté. J’ai à cœur d’avoir des liens avec les gens qui m’entourent.»
Il s’implique comme bénévole à la bibliothèque Daniel-Ménard et à la Popote roulante. Mais sa plus grande implication est en lien avec l’organisme à but non lucratif Couvent Mont-Saint-Patrice, dont il est le président du conseil d’administration.

Impliqué dans la revitalisation du Couvent
Benoit Saint-Pierre se dit d’ailleurs très fier de la mobilisation de la communauté autour de la revitalisation du Couvent Mont-Saint-Patrice. Qui avait débuté vers 2015. À l’époque, la bâtisse du Couvent appartenait au Centre d’art, qui avait des soucis financiers. «Nick Fonda, le président du conseil d’administration, était venu me voir pour racheter le Couvent. Ça prenait un comptable, un avocat, des gens du milieu des affaires, etc. Et aussi des locataires. Nous avons frappé à différentes portes. Et finalement, des gens ont dit oui.»
Avec le recul, il convient de l’ampleur de la tâche de gérer un bâtiment patrimonial datant de 1884.
«On s’est d’abord demandé si on achetait un éléphant blanc. Nous avons fait une réunion où on a mis les chiffres sur la table. Pour réaliser que c’était viable. On a donc racheté la bâtisse pour ses dettes, comme on dit. C’est-à-dire au montant de l’hypothèque.»
Il se rappelle que le projet n’était pas vu d’un bon œil par le conseil municipal de l’époque. «J’ai un peu forcé la porte pour venir présenter notre projet au conseil de ville. Ça a été reçu très froidement. On m’a laissé savoir qu’on était prêt à laisser le bâtiment à l’abandon et laisser ensuite le gouvernement s’occuper de la démolition. Ça m’a choqué.»

Pari réussi
Le groupe de bénévoles réussissent tout de même leur pari et obtiennent des subventions, dont certaines de la Ville de Richmond. Ce qui leur permet, entre autres, d’installer des gicleurs et un meilleur système de chauffage.
Le bâtiment est aujourd’hui occupé à 90 % par différents locataires, principalement du domaine communautaire ou artistique. Centre d’art, Centre d’action bénévole, Café du Couvent, Corporation de développement communautaire du Val-Saint-François, Club joyeux de l’âge d’or, le Cercle des fermières, etc. De telle sorte que le Couvent est aujourd’hui l’un des pôles importants de Richmond. «Nous avons probablement les loyers les moins chers de toute l’Estrie», fait savoir Benoit Saint-Pierre.
«Tous ensemble, nous avons réussi à sauver le Couvent. Et nous sommes en train de le rénover correctement.»
Cette année, le Couvent est en rénovation depuis le printemps pour y installer un ascenseur.
Il se dit touché par la solidarité qui existe à Richmond.
«Les gens répondent bien si on leur demande. Ils vont mettre l’épaule à la roue. C’est un signe vraiment encourageant.»

Améliorer le «mieux vivre ensemble»
Comment perçoit-il le rôle d’un conseiller municipal?
«Ce qui est important, c’est de représenter les gens de la communauté. De pouvoir améliorer ce que j’appelle le «mieux vivre ensemble». J’y ai toujours un peu contribué. Je me vois comme quelqu’un qui va aider et redonner à la communauté. Pour faire en sorte que la communauté soit la plus attrayante possible et la plus représentative de ce qu’elle veut être.»
L’un des dossiers qui sont importants pour lui est la communication entre la Ville et ses citoyens. «Je pense qu’il reste des améliorations à faire. Dans le sens où souvent, les décisions sont prises, mais sont plus ou moins bien communiquées aux citoyens. J’ai l’impression qu’on apprend les choses un peu par la bande. La communication, c’est un facteur extrêmement important. Parce qu’on peut souvent perdre notre crédibilité si on communique mal.»
Questions sur l’installation d’une usine à béton en 2023
Il y a deux ans, Benoit Saint-Pierre s’était activement impliqué pour questionner la Ville quant à son projet de modifier son règlement de zonage. Qui aurait permis l’installation d’une usine à béton, de la compagnie Carrière d’Acton Vale, sur l’avenue Melbourne Nord, près de la route 143. Un site tout près de résidences et de la rivière Saint-François.
Un projet abandonné sous cette forme, parce qu’il ne respectait pas le schéma d’aménagement de la MRC et à cause de la forte opposition citoyenne. La Ville avait toutefois signifié qu’elle poursuivait ses discussions avec l’entreprise pour trouver d’autres solutions, comme celle d’installer l’usine dans le parc industriel.
Un rôle d’influence avant la paie
Bien qu’il n’ait jamais fait de politique auparavant, Benoit Saint-Pierre est confiant qu’il pourrait mener une telle tâche à bien.
«Avant d’avoir ma terre à bois, je n’avais jamais fait d’acériculture ou travaillé comme bûcheron. J’ai appris. Ce serait la même chose comme conseiller municipal, c’est-à-dire une nouvelle expérience. Est-ce que je suis vraiment fait pour ça? Je me dis que c’est en le faisant que je vais le découvrir.»
Il croit que son passé d’ingénieur le prépare bien à un tel rôle. « Comme ingénieur de formation, résoudre des problèmes, je connais ça.»
Compte tenu du salaire peu élevé d’un conseiller municipal, il perçoit ce type d’implication un peu comme du bénévolat. «C’est davantage le rôle d’influence qui est important que le montant financier», dit-il.
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